jeudi 11 juin 2015

Fonctions de la littérature et des livres dans la vie et dans le roman



- Pour le régime communiste, les livres sont uniquement des vecteurs de la propagande, de la diffusion des idées politiques : cf petit Livre Rouge et écrits des dirigeants communistes ;
- Un livre peut aussi servir à apporter des connaissances, une culture générale : par ex découverte de la culture russe et française à travers la liste des romans du Binoclard ;
- Un roman est avant tout «  une histoire bien ficelée, avec des idées brillantes, quelques fois amusantes, ou à vous couper le souffle » : la principale fonction assignée aux romans est l’évasion du quotidien et la distraction, comme d’ailleurs les films racontés. Ursule Mirouet montre aux garçons la société française. Cf aussi l’intérêt du vieux tailleur pour les aventures d’Edmond Dantès, le comte de Monte Cristo ;
- Mais un livre peut apporter des idées nouvelles ainsi Jean-Christophe de Romain Rolland apprend-il au héros « la splendeur et l’ampleur de l’individualisme » alors que la société chinoise est pensée en termes de collectivité. Le maoïsme voulait forger une conscience nouvelle dans laquelle il fallait oublier le moi pour se mettre au service de la collectivité, or le narrateur découvre que l’individualisme est une bonne chose ;
- Education sentimentale : la lecture de Balzac leur montre «  la courtoisie et le respect dus aux femmes », ce qui influe leur attitude avec la petite tailleuse. Les romans débrident l’imagination, éveillent au désir amoureux : les garçons se calligraphient mutuellement des dédicaces, inventent des caractères, recopient les textes, les apprennent mais surtout sortent de leur virginité, apprennent tout de l’amour, des femmes et du désir, les incitent à passer à l’action dans ce domaine, les désinhibent ;
- Un livre peut transformer une personne : éduquer la petite tailleuse, projet de Luo qui se réalise au-delà de l’attente puisque la jeune fille va partir en ville ayant découvert que «  la beauté d’une femme n’a pas de prix » et qu’elle peut tenter sa chance en ville. Elle aura déjà connu une transformation physique et découvert l’amour. Mais le pouvoir émancipateur du livre est à double tranchant : ne va-t-elle pas être amenée à se vendre au plus offrant et jouer de son charme ? La princesse des montagnes ne va-t-elle pas déchoir au rôle de demi-mondaine, en cherchant à imiter les héroïnes du XIXème siècle ? Sa "libération" fait craindre une autre forme d’aliénation et la rupture avec Luo peut être vue comme la perte d’une forme de pureté et de bonheur !
- Les textes écrits sont aussi comme des porte-bonheur, des dons : texte de Balzac copié sur la peau de mouton et porté à même la peau, talisman pour avoir « bonheur et intelligence », monnaie d’échange avec le médecin.
- Influence sur la mode du village : création de vêtements d’après le roman de Dumas.

 Source : www.weblettres.net

Les lectures de la Petite Tailleuse



                  Littérature et construction de l’identité :
 En quoi les lectures de Luo ont-elles pu changer la petite Tailleuse ?
Synthèse des fiches auteur & roman

Luo, devant la transformation de la petite Tailleuse en lycéenne de la ville, s’exclame, enchanté : « On n’a pas fait quelques mois de lecture pour rien. ». Mais après le départ de la jeune fille, le narrateur s’interroge : « (…) n ’avions-nous pas saisi l’essentiel des romans qu’on lui avait lus ? ». Voici quelques pistes :

Les auteurs du XIXe siècle dont la petite Tailleuse a eu connaissance :

Balzac a dépeint la société de son temps dans La Comédie humaine (Mathieu)
Victor Hugo dénonce les injustices. (Junyi)
Les Misérables, Notre-Dame de Paris.
Kipling a écrit dans le décor de la vie indienne. (Soraya)
Le Livre de la jungle.
Dickens critique l’état social et défend les droits des enfants ainsi que l’éducation pour tous. (Korka)
Oliver Twist, David Copperfield
Dostoïevski fait évoluer ses personnages : chacun se définit par rapport aux autres, par imitation ou par opposition ; chaque personnage se construit lui-même au travers de ses actes et de ses interactions sociales. (Aurélia)
Crime et Châtiment, L’Idiot.

Baudelaire était un adolescent rêveur, mélancolique qui admirait les romantiques. (Bernard)
Les Fleurs du Mal, Petits Poèmes en Prose.
 A traduit en français Les nouvelles fantastiques d’E. Poe
Gogol brosse une satire de la société (Djénéba)
Le Revizor, Le Manteau, Le Journal d’un fou

Emily Brontë.
Dans les Hauts de Hurlevent les personnages montrent une perversité, une pauvreté d'esprit, et une violence inouïes.
Rousseau (XVIIIe siècle), dans le Contrat social, concilie liberté individuelle et la vie en société ; son livre a inspiré la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen (Wilfrid)
Stendhal écrit, à travers ses romans, une chronique et une critique de la société française. Ses personnages principaux sont deux gens ambitieux.
Le Rouge et le Noir, La Chartreuse de Parme
Tolstoï est hanté par le sens de la vie. Il devient, à 73 ans ( !), le représentant incontesté des aspirations de la jeunesse intellectuelle russe.
Guerre et paix, Anna Karénine
Flaubert fait revivre dans L’Education sentimentale le temps de sa jeunesse, les espoirs et les déceptions de sa génération.
Madame Bovary est victime de ses rêves.
Romain Rolland (XIXe-XXe) recherche la justice et des moyens de communication entre les hommes. (Alexandra)
Jean-Christophe


Les lectures de Luo :
Le Père Goriot, Balzac
Roman d’apprentissage où l’on voit l’ascension sociale de Rastignac : jeune provincial naïf, il doit s’allier à des personnes sans scrupules pour réussir. (Thi & Grégory)
Le comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas,
Accusé à tort et emprisonné pendant 14 ans au château d’If, il parvient à s’évader et devient le comte de Monte-Cristo et décide de se venger. (Caroline & Samir)
Le Cousin Pons, Balzac
Tableau de mœurs autour d’un héritage.
Les Illusions perdues, Balzac
L’ascension sociale de Lucien et sa déchéance.
Ursule Mirouët, Balzac
Dans ce roman, l’innocence est persécutée, mais elle recevra la récompense dont elle est digne.
Jean-Christophe, Romain Rolland
Roman d’apprentissage : passage de l’adolescence à l’âge adulte. (Alexandra)